jeudi 26 juin 2014

Piu sole

Piu sole? Ma figuratevi che ce n'è... perfino all'ombra. (Plus de soleil? Mais figurez-vous qu'il y en a ... même à l'ombre)  L'italien sans peine, Assimil, 1946


le bruit des châtaignes

"Je n'écris pas avec de l'encre. J'écris avec ma légèreté. (...) Elle vient ou ne vient pas, c'est selon.  Et quand elle ne vient pas , elle est quand même là. Vous comprenez? La légèreté, elle est partout, dans l'insolente fraîcheur des pluies d'été, dans les ailes d'un livre abandonné au bas d'un lit, dans la rumeur des cloches de monastère à l'heure des offices, une rumeur enfantine et vibrante, dans un prénom mille et mille fois murmuré comme on mâche un brin d'herbe, dans la fée d'une lumière au détour d'un virage sur les routes serpentines du Jura, dans la pauvreté tâtonnante des sonates de Schubert, dans la cérémonie de fermer lentement les volets sur le soir, dans la fine touche de bleu, bleu pâle, bleu violet, sur les paupières d'un nouveau-né, dans la douceur d'ouvrir une lettre attendue, en différant une seconde l'instant de la lire, dans le bruit des châtaignes explosant sur le sol et dans la maladresse d'un chien glissant sur un étang gelé, j'arrête là, la légèreté, vous voyez bien, elle est partout donnée. Et si en même temps elle est rare, d'une rareté incroyable, c'est qu'il nous manque l'art de recevoir, simplement recevoir ce qui nous est partout donné." Christian Bobin La folle allure

jeudi 23 janvier 2014

Près du canal de l'Ourcq

" (...) mais après l'instant
où s'effaça le paysage
après le trouble frêle
dont soudainement toutes choses s'émurent
la belle clarté revint
comme la preuve violente et contraire
d'un monde lavé dans la lumière (...)"

Jean-Pierre Siméon, Fresque peinte sur un mur obscur

le monde immobile

" '... Une rue a des renoncements
des détours ombrageux
qui donnent sur d'autres lois soudaines (...) "

Jean-Pierre Siméon, Fresque peinte sur un mur obscur, 2002






lundi 20 janvier 2014

les fauvettes aux étoiles

" Si les Sauer font une contre expérience (intellectuellement cruelle) en inventant un ciel qui ne peut exister nulle part, les fauvettes sont désemparées, battent des  ailes sans savoir quelle position choisir. C'est ce que Franz Sauer appelle "leur compliquer un peu la vie". Si, au contraire, les Sauer inscrivent dans le pseudo-ciel du planétarium la configuration des étoiles au-dessus du Nil, les fauvettes se croient enfin arrivées, mettent leur tête sous leur aile et s'endorment paisiblement.
Claude Roy, Automne aux oiseaux, 1982

La fissure du temps

"Lorsque qu'on touche ce que l'on a rêvé, ce qui est surprenant ce ne sont pas les détails, mais le fait qu'il s'agisse de quelque chose de réel, de compact, de refermé sur lui-même, sans ce besoin irrépressible de changer de forme qu'on les gens et les choses dans les rêves ; c'est un plaisir et une déception en même temps, parce que cela signifie que la fiction avait une base réelle, mais que la fiction est terminée" 
Pablo de Santis , Le cercle des douze, 2009
" (...) Telle  tu m'apparais que mon amour figure
Un arbre descendu dans le chaud de l'été
Comme une tentation adorable qui dure
Le temps d'une seconde et d'une éternité."
René-Guy Cadou, Les visages de solitude, 1952