jeudi 23 janvier 2014

Près du canal de l'Ourcq

" (...) mais après l'instant
où s'effaça le paysage
après le trouble frêle
dont soudainement toutes choses s'émurent
la belle clarté revint
comme la preuve violente et contraire
d'un monde lavé dans la lumière (...)"

Jean-Pierre Siméon, Fresque peinte sur un mur obscur

le monde immobile

" '... Une rue a des renoncements
des détours ombrageux
qui donnent sur d'autres lois soudaines (...) "

Jean-Pierre Siméon, Fresque peinte sur un mur obscur, 2002






lundi 20 janvier 2014

les fauvettes aux étoiles

" Si les Sauer font une contre expérience (intellectuellement cruelle) en inventant un ciel qui ne peut exister nulle part, les fauvettes sont désemparées, battent des  ailes sans savoir quelle position choisir. C'est ce que Franz Sauer appelle "leur compliquer un peu la vie". Si, au contraire, les Sauer inscrivent dans le pseudo-ciel du planétarium la configuration des étoiles au-dessus du Nil, les fauvettes se croient enfin arrivées, mettent leur tête sous leur aile et s'endorment paisiblement.
Claude Roy, Automne aux oiseaux, 1982

La fissure du temps

"Lorsque qu'on touche ce que l'on a rêvé, ce qui est surprenant ce ne sont pas les détails, mais le fait qu'il s'agisse de quelque chose de réel, de compact, de refermé sur lui-même, sans ce besoin irrépressible de changer de forme qu'on les gens et les choses dans les rêves ; c'est un plaisir et une déception en même temps, parce que cela signifie que la fiction avait une base réelle, mais que la fiction est terminée" 
Pablo de Santis , Le cercle des douze, 2009
" (...) Telle  tu m'apparais que mon amour figure
Un arbre descendu dans le chaud de l'été
Comme une tentation adorable qui dure
Le temps d'une seconde et d'une éternité."
René-Guy Cadou, Les visages de solitude, 1952







aigles invisibles

" _ Je ne crois pas décidément que nous ferons ce voyage à travers tous les ciels qui seraient de plus en plus clairs, emportés au défi de toutes les lois de l'ombre. Je nous vois mal en aigles invisibles, à jamais tournoyant autour de cimes invisibles elles aussi par excès de lumière. (...)
Philippe Jaccottet : Pensées sous les nuages 1994